L’acné juvénile polymorphe

Les soins esthétiques de l’acné juvénile ont soulevé au cours de ces dernières années différents problèmes qu’on a eu l’occasion d’exposer et de discuter dans une série d’articles parus dans les Nouvelles Esthétiques de janvier-février-mars 1957 sous le titre : La collaboration entre Médecin et Esthéticienne dans le traitement de l’acné.

L’acné

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Acné juvénile

Acné juvénile

Si la polémique trouve sa place dans un journal elle semble inopportune dans un manuel d’enseignement pratique qui s’adresse aussi aux auxiliaires médicaux et aux Esthéticiennes exerçant dans des pays où règne une heureuse et harmonieuse collaboration entre l’esthétique et la Médecine.

Toutefois on ne peut pas faire un exposé sur le traitement de l’acné par l’Esthéticienne sans rappeler l’opinion du dermatologue illustre entre tous, Darier, et tirer les conclusions qui en découlent.

Darier écrit dans son Précis de Dermatologie :

L’acné n’est pas caractérisée par un élément éruptif unique, pais par un ensemble polymorphe d’élément qui dérivent plus ou moins les uns des autres : comédons, papules péripapillaires, papulo-pustules, pustules folliculaires superficielles ou profondes, abcès indurés, croûtes et cicatrices.

Il est certain que l’Esthéticienne recevant dans sa cabine une jeune fille qui présente un tel ensemble d’éléments sera coupable d’exercice illégal de la médecine si elle entreprend des soins.

Cette jeune fille étant une malade, seul le médecin est à même de la soigner.

A côté de ces cas où ces éléments se rencontrent au complet — poursuit Darier — il y a une multitude de sujets qui ont une Acné frustre, quelques comédons, et de temps à autre une papulo-pustule…

L’Acné fruste

Cette multitude de sujets peut-elle être classée parmi les malades ? L’Acné fruste est-elle une maladie au même titre que le cas précédent ?

Darier, lui-même, répond par la négative puisqu’il prend soin d’établir une différenciation.

Quel sera alors le comportement de l’Esthéticienne face la jeune cliente atteinte d’acné ?

Il pourrait être, à mon avis, le suivant :

  • si malgré l’importance et la gravité de son cas une jeune fille se rend à l’Institut de Beauté, tenez-lui le langage  :

votre cas dépasse le cadre de la pratique Esthétique. On s’occupera de vous lorsque votre peau sera redevenue saine à la suite du traitement médical. On entreprendra, alors, des soins destinés à son embellissement et vous conseillera, ensuite, sur les soins hygiéniques qui lui conserveront sa beauté.

  • si la cliente suit déjà un traitement médical et se rend à l’Institut pour des soins complémentaires destinés dans son esprit à améliorer l’aspect de sa peau et cacher le plus possible les lésions, n’entreprenez rien sans prévenir au préalable le médecin traitant
  • si la cliente n’a qu’une Acné fruste, c’est-à-dire, si sa peau est grasse, si elle présente des comédons et de temps en temps quelques papulo-pustules on doit considérer qu’elle est sale, qu’elle a tendance à l’état acnéique et qu’elle n’est pas malade

Nettoyage

Dans ce dernier cas, commencez son nettoyage. Mais puisque des esprits tortueux, coupeurs de cheveux en quatre pourraient vous soupçonner d’avoir procédé à un diagnostic, demandez à la cliente de bien vouloir se faire examiner par son médecin : c’est toujours nécessaire.

Examiner par son médecin

Examiner par son médecin

La France abonde en praticiens intelligents, compréhensifs, ennemis des chicanes et des monopoles ridicules, qui tiennent compte du vieux principe Latin : De Minimis non curat practor.

Ils seront heureux de redonner le sourire à leur jeune patiente chagrinée par sa vilaine peau et préféreront voir enlever ses comédons par un Esthéticienne plutôt que de lui laisser faire un auto-traitement par pression et écrasement des lésions.

Ce sont de telles manœuvres qui donnent, en effet, naissance à l’acné escoriée des jeunes filles, source d’infection et de cicatrices indélébiles.

L’acné, a affirmé le Dr Longuet, dermatologue, est le vrai type de l’affection qui exige la collaboration étroite entre le médecin et l’Esthéticienne car un praticien n’a pas le temps matériel de s’adonner à de menus soins qui exigent, malgré tout, beaucoup de temps et énormément de patience.

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